René Gabriel
01 : Échantillon de fût (17/20) : Au nez, beaucoup d’épices florales, tabac et traces vertes de cabernet, mais compensées par une note conciliatrice de douceur, sans doute issue des barriques, cassis et mûres ; l’attaque paraît certes ample, mais étonnamment légère. En bouche, beaucoup de matière, doux, velouté à l’attaque, à nouveau ces notes de poivron et d’épices de cabernet, structure tannique fine et équilibrée, bon soutien, mais malgré une belle ampleur, il manque un peu de concentration et de puissance pour un millésime pourtant porté aux nues. Est-ce de la finesse ? Ou un manque de sélection rigoureuse ? L’ensemble rappelle d’une certaine manière le Pichon-Lalande 1990, lui aussi un peu trop superficiel ! Par son aura sensuelle et son goût plaisant et populaire, il trouvera assurément de nombreux adeptes. Nous donnerons une nouvelle chance à ce vin après la mise en bouteille et réévaluerons éventuellement, ce qui, compte tenu du manque de puissance, reste toutefois incertain. Peu avant la mise en 2002 : Un vin gras, opulent, presque crémeux, avec un fruit enivrant et aussi une douceur de barrique, beaucoup de pression en finale. Si je ne lui donne que 17/20, je vais m’attirer les foudres du fan-club de Pichon-Lalande. C’est un beau charmeur, qui ne se présente pas avec une vraie grandeur de Pauillac, mais plutôt avec une sensualité flamboyante. Et comme le vin n’est pas tout dans la vie, en tant qu’homme, je suis un peu ébloui par une sensualité aussi prodigue. (18/20). 07 : Pourpre-grenat très sombre, bord rubis. Un bouquet puissant avec une douceur indomptable, cerises Amarena, bois nobles, tabac dominicain, musc, s’ouvre lentement et montre énormément de pression. Bouche dense, charnue, extrait extrêmement concentré, focalisé, tanins souples mais encore exigeants, longueur extrême. Se montre finalement plus grand que prévu auparavant. 10 : Noisette, grillé, beaucoup de caramel et café au lait, confiture de prune rouge. Bouche veloutée, texture velours, paraît un peu avant-gardiste, car après 10 ans la barrique ne devrait plus être autant au premier plan au goût. Érotisme contre typicité. En tant que Bordeaux 2000, il devrait déjà avoir un peu plus de chair sur les os. Momentanément 17/20. 12 : Rouge vineux évolué, un peu mat, bord éclaircissant. Bouquet végétal, un peu de poivron et de cornichons, montrant une douceur conciliante. Donne un premier plaisir en bouche, tanins légèrement friables, mais ici aussi la note verte transparaît. Déçoit un peu au regard de l’image du grand millésime.