René Gabriel
92 : échantillon de fût (14/20) : 65 % Merlot, 35 % Cabernet, 50 % bois neuf, 3 g d’acidité, 60 g de tanins, rendement 14 hl/ha. Les vendanges ont débuté le 1er octobre. En huit jours, tout était rentré : nez chaud, rôti par des notes de chauffe du bois, sucre candi. En bouche, très flatteur, ample, avec un jeu d’acidité poivré (piment), puis une note de géraniol en accompagnement, présence de tanins peu mûrs, arôme d’écorces vertes. Malgré beaucoup de gras, c’est en fait plutôt du style d’un 84. Après ce jugement très peu agréable, Monsieur Lopez a accepté de me faire goûter directement sur barrique, car je trouvais l’échantillon fatigué et presque oxydé. Aux arômes de base se sont ajoutées des myrtilles et une fine note fumée. Le vin est toutefois beaucoup trop dominé par le Merlot, parce que la vieille parcelle de Merlot, située juste à côté de Latour, a été épargnée par le gel. 03 : C’est la première fois de ma vie qu’un 91 est revalorisé ! Dans une série de six, 6 millésimes différents de Pichon-Lalande étincelaient. Je n’aurais jamais imaginé que le plus sombre serait justement le 91, longtemps décrié. Il manque certes de chaleur, mais il montre tout de même étonnamment beaucoup de chair et offre encore quelques tanins garants de longévité. 16/20 à boire